Les Cahiers du cinéma ont qualifier ce nouveau film de Claude Chabrol de "film mineur " par rapport aux précédents films du cinéaste.
Pour moi, ce n'est pas le cas:
Bon d'accord, je n'ai pas vu énormément de film de Chabrol, néanmoins, c'est une exellente mise en scène qu'il nous offre dans "La fille coupée en deux".
La mise en scène intervient dès le générique, tourné à l'aide d'un filtre rouge, et accompagné d'une musique d'opéra, celle de "Turandot". Il faut savoir que le rouge est la couleur qui correspond à la femme fatale, dans les codes cinématographiques classiques. La musique de Turandot donne un effet d'un cristal qui se brise.
Par cette musique dans le générique, Chabrol indique au spectateur une tragédie: "La fille coupée en deux" est similaire au schéma de l'opéra. En effet, dans un opéra, une héroïne est partagée entre deux hommes, un qui l'aime et un autre qu'elle aime. Dans le film, c'est le même triangle amoureux qui apparaît : Gabrielle (Ludivine Sagnier) est partagée entre deux hommes: un qu'elle aime: le romancier St Denis ( François Berléant), et un autre qui l'aime, Paul Gaudens (Benoît Magimel), bourgeois arrogant.
A cause de son partage, Gabrielle, qui ne sait pas faire des choix- Paul, St Denis et autres personnages la considère encore comme une "gamine" (terme répété plusieurs fois tout au long du film), fait mourir ses deux hommes: Paul, qui ne supporte pas que St Denis se soit moquée d'elle, tue l'écrivain, et ceci l'amène à être emprisonné.
Donc une mort sociale pour Paul Gaudens et une mort physique pour St Denis.
La dernière scène du film, est, je trouve la plus "magique" (dans les deux sens du terme), car c'est ici qu'apparaît la leçon que doit tirer l'héroïne tragique.
Après avoir été harcelée par la presse people, Gabrielle finit par devenir assistante d'un magicien (qui n'est autre que son oncle !). Le personnage de l'oncle, personnage secondaire, a ,malgré qu'il soit secondaire, son importance, car c'est lui qui transmet la leçon, et la morale du film (qui est, selon moi: savoir faire un choix dans sa vie.)
Pour se faire, il effectue un tour de magie qui consiste à "couper en deux" son assistante. Pour se tour, Gabrielle est habillée en noir: on est après les deux morts, donc le noir qu'elle porte montre qu'elle est en deuil.
Un plan magnifique montre la scie ronde en train de diviser la protagoniste en deux, et juste à ce moment là, la tête de Ludivine Sagnier se tourne vers la caméra et ses yeux lâchent une larme. Ce plan signifie que Gabrielle a compris la leçon, qu'elle regrette ce qui est arrivé.
Seulement voilà, il est trop tard...
A ce moment là, le spectateur comprend que Gabrielle subit elle aussi une mort: au départ présentatrice météo qui monte dans l'échelle, redescent de celle-ci pour finir assistante magicienne aux côté de son oncle. Elle subit donc une mort sociale.
Ainsi, un film qui suit un schéma d'opéra.
Les Cahiers trouvent que les acteurs ont une "platitude du jeu". C'est leur point de vu. Moi, les acteurs je les trouvent parfaits dans leur jeu: ils ne surjouent pas et ne sous-jouent pas.
Bref, comme vous le remarquez, j'ai aimé ce film.
L'analyse est de moi, si vous voulez apporter plus dans l'analyse, ou corriger des choses faites le en laissant des commentaires.